La Côte d'Ivoire poursuit sa stratégie de transition écologique en misant sur des partenariats capables de soutenir ses ambitions de développement urbain durable. Le vendredi 26 juin 2026, le Ministre de l'Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a reçu à Abidjan une délégation conjointe de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) et de l’Italie, conduite par l'ambassadrice d'Italie en Côte d'Ivoire, Roberta Di Lecce. Les échanges ont porté sur le projet « Green Cities in Action for Africa », une initiative qui accompagne plusieurs pays africains (l’Algérie, l’Ouganda, le Kenya, le Mozambique... ) dans la préparation de projets d'investissement destinés à renforcer la résilience climatique des villes, tout en facilitant leur accès aux financements internationaux.
Pour la Côte d'Ivoire, cette coopération présente un intérêt stratégique. Au-delà des actions environnementales annoncées, elle vise à améliorer la capacité des institutions nationales à élaborer des projets répondant aux exigences techniques des bailleurs internationaux. Selon la Banque mondiale, les besoins de financement liés à l'adaptation au changement climatique dans les pays en développement se chiffrent à plusieurs centaines de milliards de dollars par an, alors que les ressources effectivement mobilisées restent largement insuffisantes. Dans ce contexte, disposer de projets techniquement solides constitue un avantage décisif pour accéder aux mécanismes de financement climatique.
Un partenariat pour renforcer l'attractivité des villes ivoiriennes
Mis en œuvre par la FAO avec le soutien du ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le projet cible cinq pays africains, dont la Côte d'Ivoire. À l'échelle nationale, il accompagnera principalement Abidjan et Bouaké dans la mise en œuvre d'initiatives portant sur la foresterie urbaine, le développement d'espaces verts, l'agriculture urbaine, les systèmes alimentaires durables et la valorisation des déchets organiques. Ces investissements répondent à des enjeux économiques autant qu'environnementaux. Les infrastructures vertes contribuent à limiter les risques d'inondation, à améliorer la qualité de vie et à réduire certains coûts liés aux effets du changement climatique. Selon ONU Habitat, les solutions fondées sur la nature renforcent également l'attractivité des villes pour les investisseurs tout en favorisant la création d'activités dans les secteurs de l'aménagement urbain, de l'agriculture durable, de la gestion des déchets et des services environnementaux.
Le choix d'Abidjan et de Bouaké s'explique par leur poids économique et démographique. D'après les Nations unies, plus de 57 % des Ivoiriens vivent aujourd'hui en zone urbaine, une proportion appelée à dépasser les deux tiers de la population d'ici le milieu du siècle. Cette urbanisation rapide accroît les besoins en infrastructures résilientes, en mobilité durable et en gestion des ressources naturelles. L'un des principaux apports du projet réside également dans l'accès potentiel au Fonds italien pour le climat. Créé par l'Italie pour soutenir les investissements climatiques dans les pays partenaires, ce mécanisme finance des projets conciliant développement économique, adaptation au changement climatique et réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour la Côte d'Ivoire, cette coopération pourrait ainsi ouvrir de nouvelles perspectives de financement pour des infrastructures urbaines à forte valeur ajoutée.
Au-delà de sa dimension environnementale, ce partenariat illustre une évolution des politiques publiques ivoiriennes, où la transition écologique devient progressivement un levier de compétitivité économique. En renforçant son expertise dans la préparation de projets bancables et en mobilisant des partenaires techniques et financiers de premier plan, la Côte d'Ivoire consolide son positionnement sur le marché des investissements verts, devenu l'un des segments les plus dynamiques du financement international du développement.