Chaque année, des tonnes d'engins de pêche abandonnés ou perdus en mer dévastent les écosystèmes marins sans que personne n'en soit tenu responsable. Face à ce fléau, Abidjan a décidé de réagir. Réunis du 16 au 18 juin 2026 sous la présidence de Kodjo Alain, Conseiller technique chargé des pêches au Ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH, les acteurs du secteur halieutique ivoirien ont validé par consensus le projet d'arrêté relatif au marquage des moteurs de pêche. Ce texte, qui transpose les directives volontaires de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) en la matière, s'appliquera à l'ensemble des opérateurs, artisanaux comme industriels.
Selon le Colonel Dedi Séraphin, représentant la FAO lors de ces travaux, ce dispositif permettra d'instaurer « une traçabilité rigoureuse des équipements » et de « responsabiliser durablement les acteurs ». En Afrique de l'Ouest, où les déchets plastiques issus de la pêche menacent directement la sécurité alimentaire de milliers de communautés côtières, une telle mesure revêt une urgence particulière. Cette initiative s'inscrit dans un effort plus large de modernisation du secteur. Le gouvernement avait déjà institué un dépôt biologique et engagé l'immatriculation des embarcations pour mieux maîtriser l'effort de pêche. Le nouveau projet d'arrêté constitue le chaînon manquant pour fermer la boucle de la responsabilité.
Sa mise en œuvre effective reste désormais l'épreuve décisive. Car entre validation et application sur le terrain, la distance peut s'avérer aussi grande que l'océan lui-même.