À l'heure où les machines apprennent à penser plus vite que les hommes ne le font, Genève est devenue, ces deux derniers jours, le théâtre d'un bras de fer diplomatique inédit autour de l'intelligence artificielle. C'est dans cette arène mondiale qu'a débarqué le Ministre de la Transition numérique et de l'Innovation technologique, Djibril Ouattara, à la tête d'une délégation comprenant l’Ambassadeur de Côte d'Ivoire, le Président du Conseil de régulation et le Directeur Général de l'ARTCI. Représentant le Président de la République, S.E Alassane Ouattara, le Ministre a prononcé une déclaration sur le thème « Exploiter les avantages de l'IA pour tous grâce à des approches inclusives et interopérables ».
Il a plaidé pour une gouvernance mondiale fondée sur quatre piliers, l’inclusion des pays en développement, la confiance par la transparence et la cybersécurité, l'interopérabilité des systèmes, et une souveraineté numérique coopérative. « Pour la Côte d'Ivoire, la réponse est claire. L’IA ne doit pas être le privilège de quelques économies ou plateformes. Elle doit être un levier de progrès partagé et éthique », a-t-il déclaré. Fait marquant de son intervention, le Ministre a lancé un appel à la coopération régionale, proposant la création d'une École régionale africaine de l'intelligence artificielle destinée à former les talents du continent. Ce forum, créé par l'Assemblée générale de l'ONU, réunit gouvernements, secteur privé et société civile pour bâtir une seconde édition prévue à New York en 2027.
En saluant l'adoption du Pacte pour l'avenir et du Pacte numérique mondial, Abidjan confirme son ambition de faire de l'IA un outil de souveraineté et d'inclusion sociale, plutôt qu'un facteur d'exclusion pour l'Afrique.